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La nouvelle Afrique centrale selon NGOMO Privat.
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La nouvelle Afrique centrale selon NGOMO Privat.
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29 novembre 2020

DISCOURS DE CREATION DU MOUVEMENT NEWPOWER

Chers frères et sœurs du Gabon,

Chers compatriotes,

Chers panafricanistes d’Afrique centrale,

Après 10 mois de prison pour avoir interrompu la circulation routière devant l’ambassade de France à Libreville, le 12 juillet 2019, afin de lire un message dénonçant la politique de la France en Afrique, me voici aujourd’hui devant vous, en liberté provisoire. L’affaire étant toujours pendante, en cours, et sur le conseil avisé de mes avocats, je n’en parlerai donc pas.

BanderoleNewPower

 

Mais, en tant que citoyen gabonais et jouissant pleinement du droit à la liberté d’expression que me confère notre Constitution, je voudrais en ce jour m’adresser solennellement au peuple gabonais tout entier et au-delà, à tous les Africains du continent et de la diaspora.

En 1958, alors que les peuples africains des colonies françaises réclamaient leur indépendance, la France officielle et des réseaux, alors dirigée par le général de Gaulle, nous a proposé, par le biais d’un diktat référendaire, d’adhérer à la Communauté française. Ce fut bien un diktat, car Ahmed Sékou Touré de Guinée-Conakry, qui eut le courage d’opposer un NON ferme et catégorique à cette proposition, fut diabolisé, persécuté et martyrisé tout au long de sa présidence par la France officielle et des réseaux.

Deux ans plus tard, en 1960, précisément le 17 août pour notre pays le Gabon, Charles de Gaulle concéda à tous les autres territoires coloniaux français d’Afrique - à leur grande surprise d’ailleurs -, ce qu’il avait refusé à la Guinée-Conakry. Dans un même élan historique voulu et contrôlé par la seule France, les différents pays africains de l’espace francophone accédèrent tous à l’indépendance. La suite de l’histoire, nous la connaissons tous, et elle nous montre bien que cette indépendance fut purement nominale ou formelle, parce que n’ayant pas restitué au peuple gabonais sa souveraineté.

Jusqu’à ce jour, le Gabonais est dépossédé de son pays.

Comment, en effet, expliquer les échecs successifs, tant politiques qu’économiques, que notre pays accuse depuis son accession à l’indépendance, malgré les multiples richesses dont il regorge pour se construire et donc, façonner son propre destin ? Ces différents échecs seraient-ils dus à une tare congénitale ou ontologique du peuple gabonais ? Répondre OUI serait assurément faire offense à l’intelligence et au génie du peuple gabonais.

Pourquoi donc le Gabon, comme d’ailleurs le Congo-Brazzaville, n’a pas connu d’essor économique à l’instar du Viêt-Nam ou de la Thaïlande, qui présentaient une situation analogue à la sienne au début des années 60 ?

Il y a bien des raisons objectives qui peuvent l’expliquer, mais toutes ont pour dénominateur commun la limite d’action nationale liée au déni de souveraineté. Une souveraineté des peuples, bien présente au Viêt-Nam et en Thaïlande, mais inexistante au Gabon en particulier, et dans tout le pré-carré français d’Afrique en général.

 

Chers frères et sœurs du Gabon,

Chers compatriotes,

Chers panafricanistes d’Afrique centrale,

Pour le colonisateur français, il fallait en 1960 que tout change pour que rien ne change. Notre pays est aujourd’hui réputé indépendant, mais nous ne sommes pas souverains dans notre propre patrie. En effet, depuis la prétendue fin de la colonisation, nous ne pouvons pas porter à la tête de notre pays le dirigeant de notre choix.

L’accession à la magistrature suprême en 1960 de Léon Mba Minko, premier président du Gabon, fut déjà plus le résultat de calculs d’arrière-boutique des forestiers français au Gabon, que l’expression réelle de la volonté populaire.

Souvenons-nous du coup d’Etat qui le déposa en février 1964, perpétré par la jeune élite des forces armées gabonaises aspirant à une vraie souveraineté du pays, et de l’intervention militaire française qui mit fin à l’aventure en la massacrant et en réinstallant le vieux Mba au pouvoir.

Souvenons-nous encore de la reconnaissance systématique par la France officielle et des réseaux, depuis le retour au multipartisme en 1990, de faux résultats d’élections présidentielles écartant toujours le véritable vainqueur élu par le peuple, et de son silence coupable face aux répressions sanglantes des contestations populaires qui s’ensuivent.  Tous ces incidents émaillant l’histoire politique de notre pays prouvent à suffisance que le peuple gabonais n’a jamais eu l’opportunité d’être dirigé par l’homme de son choix.

Sur un tout autre plan, nous ne sommes pas maîtres de notre monnaie. Le Franc CFA, cette monnaie héritée de la coloniale et arrimée à l’EURO nous maintient sous domination française. Cette dépendance monétaire sert plus les intérêts des multinationales étrangères que les nôtres.

Sachez-le, sans souveraineté monétaire, tout développement est impossible car nous ne pouvons pas impulser à notre pays la dynamique économique voulue.

Enfin, la politique économique du Gabon n’est pas tournée vers notre développement, car cette dernière est assujettie aux intérêts étrangers. Cette économie extravertie, basée essentiellement sur l’exploitation des matières premières et qui importe tous les produits de première nécessité, ne peut garantir le développement de notre pays car nous restons dépendants de l’extérieur. Et cette dépendance n’est pas fortuite, elle est savamment entretenue par tous les présidents français de la 5ème République qui se sont succédés. 

Car, sans les ressources naturelles des pays de son pré-carré qu’elle exploite pour alimenter son industrie, assurer son train de vie et au final garantir son prestige international, la France ne pourrait pas maintenir son rang de 5ème puissance mondiale.

Pour toute personne de bonne foi, tout ce que nous venons de dire ne souffre aucune contestation. Ce sont des constats de bon sens, vérifiables par tous.

Et c’est au vu de tout cela que nous affirmons que nous ne sommes pas souverains dans notre pays le Gabon, et que celui-ci n’est indépendant que de nom, puisque c’est la France officielle et des réseaux, par le truchement de la Cellule africaine de l’Elysée et de son bras armé, la FrançAfrique, qui marque de son sceau impérial le destin de notre pays.

Cette situation est proprement inadmissible et intolérable pour la nouvelle génération que nous sommes en ce début de 3ème millénaire. Nous ne pouvons pas accepter que la FrançAfrique confisque notre droit à la liberté et au développement plus longtemps

 

Chers frères et sœurs du Gabon,

Chers compatriotes,

Chers panafricanistes d’Afrique centrale,

La FrançAfrique a des tentacules déployés dans tout l’espace francophone. C’est pour cette raison que notre combat ne peut s’inscrire que dans une dynamique panafricaniste. Il est donc impératif que tous les fils et filles d’Afrique qui aspirent à une souveraineté pleine et entière de leur propre pays, se rassemblent et présentent un front uni dans cette bataille pour un affranchissement total et véritable.

La politique prédatrice de la France officielle et des réseaux en terre africaine n’a que trop duré. Il suffit ! It’s enough !

Pour commencer, nous devons nous affranchir des chaînes invisibles mais bien réelles de l’aliénation mentale consécutive au système de valeurs qui nous a été imposé par la colonisation. En effet, dans ce système, le génie propre africain, la pensée profonde kamite n’a pas de place. Or, notre combat doit être porté par une Afrique qui a retrouvé son âme, par des Africains, des kémites, qui affirment haut et fort leur africanité. Un véritable, authentique et indispensable retour aux sources est nécessaire, et il est d’ailleurs déjà en cours, fort heureusement.

Nous prendrons un seul exemple pour illustrer cette nécessité. Comme vous le savez tous certainement, la structure des Etats africains actuels repose sur le paradigme bâti autour d’un Etat fort, centralisateur et jacobin, qui construit l’Etat-nation (nation au singulier) en luttant contre le clanisme, le tribalisme et l’ethnicisme pour forger l’unité nationale. Une telle approche épouse bien la pensée occidentale qui déprécie le clan, la tribu et l’ethnie, et les combat au lieu de leur offrir l’espace d’expression utile à la manifestation de leur génie propre. Or, la pensée kamite est toute autre, parfaitement capable de construire un Etat africain qui valorise le clan, la tribu et l’ethnie.

Oui, chers frères et sœurs africains, nous refusons d’être les héritiers d’un paradigme avilissant, conçu et mis en œuvre par les officines de la France officielle et des réseaux pendant ces soixante dernières années. Tous les pays africains de l’espace francophone en ont terriblement souffert et en subissent encore aujourd’hui les conséquences sociales, politiques, économiques et culturelles désastreuses.

Nous affirmons sereinement qu’après plus d’un demi-siècle d’échec habillé de discours et de pratiques démagogiques, ce paradigme est révolu.

Un autre émerge, qui va le remplacer avec plus de chance de succès, parce que puisant sa force et sa pertinence dans la réalité culturelle africaine et le respect d’un génie endogène propre à conduire nos pays vers le progrès.

Ce paradigme nouveau est celui de l’Etat-nations (nation au pluriel) qui concède une autonomie de gestion aux provinces ou régions du Gabon, afin que les pouvoirs locaux puisent les ressorts du développement dans le génie contributif de tous les clans, les tribus et les ethnies qui sont en réalité les nations africaines de l’espace géographique administré.

A l’opposé de la pensée occidentale, cette approche prône la revalorisation de la clanité, de la tribalité et de l’ethnicité gabonaise pour sauvegarder nos cultures ancestrales, pour préserver en nous cette âme africaine qui porte tout le génie kamit.

 

Chers frères et sœurs du Gabon,

Chers compatriotes,

Chers panafricanistes d’Afrique centrale,

Des vastes plaines de la Nyanga aux verts plateaux Batéké, des lacs profonds de l’Ogooué aux rudes monts de Cristal, des forêts épaisses du septentrion aux rives irisées de l’Atlantique, et bien au delà des mers, la colère des gabonais gronde.  Les yeux se décillent enfin. Un fol espoir délit les langues. Un vent nouveau se lève au Gabon comme partout ailleurs en Afrique francophone.

L’impérialisme occidental a voulu cantonner l’Afrique à la périphérie de l’histoire, et le Gabon, à la périphérie de l’Afrique.

J’affirme que ce siècle sera celui de la renaissance africaine et du panafricanisme, et que nous pouvons faire du Gabon, fort de notre histoire, de nos valeurs, des qualités de notre peuple et de nos ressources naturelles, un des phares de l’Afrique.

On nous avait promis, lors des Indépendances, la liberté et le développement. Nous n’avons eu ni l’une, ni l’autre. A la place, nous n’avons récolté que servitude et misère. Mais j’affirme que le combat n’est pas perdu, que nous pouvons obtenir liberté et prospérité en luttant avec courage et collectivement, Gabonais et autres Africains, côte à côte.

J’affirme que nous pouvons gagner notre souveraineté et en finir avec la FrançAfrique, politique d’une autre époque menée par des politiciens « bounty » corrompus. En recouvrant notre souveraineté captive, nous ferons tomber leurs masques blancs et serons de nouveau les maîtres de notre destin.

J’affirme que nous pouvons développer de nouveaux rapports avec la France basés, cette fois-ci, sur le respect et l’intérêt mutuels.

J’affirme que nous pouvons recouvrer notre fierté en marchant sur les traces de nos illustres aînés, les Ruben Um Nyobe, Ahmed Sékou Touré, Modibo Keita, Daniel Ouezzin Coulibaly, Barthélémy Boganda, Thomas Sankara, Germain Mba Nguema, Joseph Rendjambé Issani, Pierre Mamboundou, André Mba Obame et tant d’autres, qui vivent dans nos têtes et dans nos cœurs.

En nous inspirant de leur courage, nous pouvons former cette armée citoyenne et sans peur dont le pays a besoin, animée du réel désir d’honorer le sang de nos martyrs tombés en 1964, en 1990, en 1993, en 2009 et enfin tout récemment en 2016.

 

J’affirme que nous pouvons faire entrer les Gabonais dans une ère nouvelle, où la satisfaction des besoins élémentaires, attendue en vain depuis 60 ans, sera enfin une réalité tangible. Chacun pourra décemment se nourrir, se soigner, se former et vivre en sécurité.

J’affirme que nous pouvons accéder au bonheur et à la prospérité dans la paix, sur la terre de nos ancêtres, et arrêter ainsi l’exode massif à l’étranger de cette jeunesse africaine dont les morts se comptent par milliers dans les abysses de la méditerranée.

J’affirme enfin, que nous pouvons, une fois libérés du joug de l’impérialisme néocolonial français et de l’aliénation mentale, construire ensemble un nouveau modèle sociétal et politique gabonais fondé sur la pensée kamite et porté par le génie endogène africain.

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui, convaincu de la réalité pour nous de cette ouverture grandiose sur tous les possibles, la création d’un grand mouvement associatif, politique et international que nous avons dénommé The NewPower ou le Nouveau Pouvoir.

 

Chers frères et sœurs du Gabon,

Chers compatriotes,

Chers panafricanistes d’Afrique centrale,

Le NewPower estun mouvement souverainiste et panafricaniste qui œuvre pour l’avènement d’une entière et pleine souveraineté des pays africains de l’espace francophone libéré du joug françafricain, pour l’essor du Gabon en particulier, et de l’Afrique centrale en général.

Nous invitons donc à nous rejoindre, les Gabonaises et les Gabonais de tous horizons résolument attachés à l’indépendance et à la souveraineté de notre nation, et notamment la jeunesse africaine décomplexée, compétente, consciente et agissante du pays.

A ceux qui nous demanderont pourquoi vous et moi, nous créons ce mouvement, nous répondrons : Si ce n’est pas nous, alors qui ?

Et à ceux qui nous demanderont pourquoi créer ce mouvement maintenant, nous répondrons : Et si ce n’est pas maintenant, alors quand ?

Chaque génération a son combat, le nôtre est celui du recouvrement plein et entier de notre souveraineté pour être enfin maîtres du destin de notre pays. Nous voulons pouvoir, sans honte ni regret, nous regarder dans un miroir, ou affronter demain le regard de nos enfants et leur dire, droit dans les yeux : oui, nous l’avons fait !

Vive notre patrie souveraine, le Gabon,

A bas la FrançAfrique,

Vive le panafricanisme

Pour que vive une Afrique libre et unie.

Je vous remercie !

PS : Discours écrit à la prison centrale de Libreville, Quartier fonctionnaire Spécial B, le lundi 30 mars 2020.

Mis à jour, le jeudi 13 août 2020.

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